Une lecture territoriale de l'exposition à la chaleur et du contexte social autour des écoles de Montpellier, pour orienter une enquête sur les conditions d'apprentissage. Climat modélisé 2008–2017, juin et septembre uniquement ; données sociales Filosofi 2021.

Ce que l'analyse établit

Il existe à Montpellier des lieux qui cumulent une part élevée de ménages pauvres et une exposition élevée à la chaleur. Leur identification ne dépend pas de l'existence d'une corrélation positive à l'échelle de toute la ville. Les cartes répondent à une question de cumul territorial : elles ne mesurent ni les revenus des élèves, ni leurs performances scolaires.

Carreaux INSEE étudiés 256
Établissements ouverts 106
Carreaux pauvreté + WBGT élevés 31
Carreaux pauvreté + nuits chaudes élevées 24

« Élevé » signifie ici appartenir au tiers supérieur des 256 carreaux pour chacun des deux indicateurs, sans pondération par la population ou la surface. Ces seuils sont descriptifs, propres à cette emprise, et ne constituent pas des normes sanitaires.

Deux formes de cumul

Montpellier, pauvreté et chaleur en juin + septembre : à gauche pauvreté × nuits chaudes, à droite pauvreté × WBGT maximal ≥ 25 °C

À gauche, la chaleur nocturne ; à droite, la fréquence des maxima quotidiens de WBGT ≥ 25 °C, en juin et septembre. Le bleu foncé indique un cumul élevé sur les deux axes. Les points sont les établissements.

Le tiers supérieur commence à 24,6 % de ménages pauvres. Pour la chaleur, les limites correspondantes sont d'environ 14 jours sur les 60 de juin et septembre, pour Tmin ≥ 20 °C comme pour le WBGT maximal ≥ 25 °C.

31 carreaux tombent dans la classe élevée sur les deux axes pauvreté–WBGT ; ils contiennent 17 établissements. 24 carreaux sont dans la classe pauvreté–nuits chaudes, avec 18 établissements. 16 carreaux et 9 établissements cumulent les trois critères. Ces effectifs comptent des unités géographiques ou des établissements, jamais des élèves.

Les deux cartes ne désignent pas exactement les mêmes endroits. C'est une raison de conserver deux indicateurs plutôt que de tout fusionner dans un score opaque. Une classe « basse » signifie seulement une exposition moindre relativement aux autres carreaux, pas une absence de chaleur.

La maille naturelle varie : 189 carreaux de 200 m, 63 de 1 km et 4 de 2 km, tous entièrement couverts par le domaine climatique. Les statistiques portent sur chaque carreau entier ; l'affichage est découpé à l'union des cartes scolaires, qui sert d'emprise d'étude sans remplacer une limite communale officielle.

Quels indicateurs retenir ?

Indicateur (juin + septembre) Moyenne des 106 écoles Étendue entre écoles
Tmax ≥ 30 °C ≈ 11 j ≈ 10 à 14 j
WBGT maximal ≥ 25 °C ≈ 13 j ≈ 10 à 23 j
WBGT maximal ≥ 28 °C ≈ 2 j ≈ 1 à 6 j
Tmin ≥ 20 °C ≈ 13 j ≈ 8 à 19 j

Jours sur les 60 de juin et septembre réunis, en moyenne annuelle 2008–2017. « ≈ 14 » signifie environ 14 jours, soit presque un jour sur quatre. Week-ends et jours non scolaires sont inclus : ce n'est pas un comptage de jours de classe, et les horaires d'enseignement ne sont pas reconstitués. Juin et septembre peuvent avoir des fréquences différentes ; le total n'est donc pas divisé par deux pour donner un chiffre mensuel.

WBGT maximal quotidien. Indicateur principal pour compter les journées avec un pic thermique. Le franchissement de 25 °C au moins une fois dans la journée ne renseigne ni sur la durée du dépassement ni sur sa coïncidence avec les cours. Le WBGT est un indice, distinct de la température de l'air.

Tmax ≥ 30 °C. Indicateur complémentaire, simple à expliquer : environ 11 journées sur 60 aux écoles.

Tmin ≥ 20 °C. Indicateur de faible rafraîchissement. Les fichiers donnent un minimum journalier, pas un minimum sur une plage nocturne documentée : c'est un proxy des nuits tropicales. La carte des carreaux décrit l'environnement résidentiel ; la valeur au point d'une école ne décrit pas les nuits de ses élèves à domicile.

Chaleur aux écoles en juin et septembre : Tmax ≥ 30 °C, WBGT maximal ≥ 25 °C, minima ≥ 20 °C

La géographie des trois indicateurs diffère d'un établissement à l'autre. Il s'agit de valeurs historiques modélisées au point géocodé, sans mesure dans les cours ou les salles de classe.

Quelques établissements pour une enquête de terrain

Ces exemples sont situés dans des carreaux du tiers supérieur à la fois pour la pauvreté et pour la fréquence du WBGT maximal ≥ 25 °C. Ils sont ordonnés par cette fréquence au point de l'école. Ce tableau est un repérage, pas un classement de qualité des écoles ni une mesure de risque individuel.

Établissement Ménages pauvres du carreau WBGT max ≥ 25 °C Tmin ≥ 20 °C
École maternelle Aristote 25,3 % ≈ 21 j ≈ 14 j
École élémentaire Eugène Pottier – Jean Sibelius 32,1 % ≈ 20 j ≈ 13 j
École primaire Marguerite Yourcenar 29,2 % ≈ 20 j ≈ 11 j
École primaire Samuel Paty 34,6 % ≈ 20 j ≈ 19 j
École primaire Paul Bert – Victor Hugo 25,3 % ≈ 16 j ≈ 17 j
École élémentaire Gambetta 39,8 % ≈ 14 j ≈ 15 j
École élémentaire Jules Verne 27,4 % ≈ 14 j ≈ 14 j
École élémentaire Louis Armstrong 41,8 % ≈ 14 j ≈ 12 j

Jours sur 60 (juin + septembre), moyenne 2008–2017, au point de l'établissement. La pauvreté est celle du carreau entier. Noms et statuts selon l'annuaire utilisé.

Ce que l'on peut dire de l'apprentissage, et du seuil WBGT 25 °C

La référence japonaise à 25 °C WBGT concerne la prévention des effets de la chaleur lors d'activités physiques : le guide du ministère japonais de l'Environnement classe 25–28 °C au niveau « Warning », avec des pauses fréquentes. Ce n'est pas un seuil universel de baisse de concentration ou d'apprentissage. Sa transposition à un WBGT modélisé exige en outre de vérifier la formulation de l'indice et les conditions d'exposition ; rien ici n'établit d'équivalence avec un WBGT mesuré dans une cour au soleil.

Akesaka et Shigeoka (2025), à partir des examens nationaux japonais de 2007 à 2019, observent des effets des journées chaudes plus marqués chez les élèves initialement moins performants, et atténués dans les écoles climatisées. Leur indicateur est une température maximale de l'air supérieure à 34 °C, pas un WBGT de 25 °C, et le niveau scolaire n'y équivaut pas à la pauvreté.

À Toyama, To et al. (2023) ont mesuré température et WBGT dans une école : les conditions intérieures pouvaient différer fortement de l'extérieur. Leur étude plaide pour des mesures en classe, sans définir de seuil d'apprentissage.

Ces cumuls territoriaux justifient d'examiner les conditions d'apprentissage et les moyens de protection des écoles concernées. Les données disponibles ne permettent pas de chiffrer une perte de concentration, de résultats scolaires ou de jours d'apprentissage à Montpellier.

Solidité et limites

Climat. Les 40 fichiers UrbClim utilisés pour les écoles couvrent 3 653 dates uniques, sans valeur manquante aux 106 points. Coordonnées reprojetées, températures converties de Kelvin en Celsius, cohérence minima/maxima vérifiée. Les 106 établissements occupent 94 cellules climatiques distinctes : ce ne sont pas 106 observations spatiales indépendantes.

Pauvreté. La carte utilise le ratio men_pauv / men des carreaux naturels Filosofi : une part de ménages pauvres, pas le taux de pauvreté des personnes. L'INSEE signale des protections de confidentialité et une troncature possible de l'effectif des ménages pauvres. Les données sociales datent de 2021 et ne décrivent pas exactement les populations de 2008–2017.

Agrégation. La chaleur d'un carreau est la moyenne, pondérée par les surfaces intersectées, des nombres de jours calculés dans ses cellules de 100 m. Les dépassements sont comptés dans chaque cellule avant la moyenne spatiale. Ce n'est ni une moyenne pondérée par les habitants, ni le nombre de jours où la température moyenne du carreau dépasse le seuil.

Vérification par secteur scolaire. Une comparaison complémentaire a été faite séparément pour 65 secteurs maternels et 66 élémentaires, les données sociales y étant réparties au prorata des surfaces. Un secteur maternel ne référençant que des écoles « à fermer » est exclu ; quatre secteurs ont moins de 90 % de leur surface couverte par les carreaux INSEE. À cette échelle, les secteurs plus pauvres ne sont pas globalement plus chauds, et l'association avec les minima chauds est plutôt inverse. Cela ne remet pas en cause les cumuls localisés visibles sur la carte. Aucune significativité statistique n'est revendiquée : proximité spatiale, résolution variable et décalage des dates limitent l'inférence.

Portée. Les seuils en tiers dépendent du nombre de carreaux, donc de la maille variable ; ils servent au repérage, pas à une décision automatique. Le climat est une référence historique, pas une mesure des conditions actuelles. Végétation récente, travaux, ombrage, bâti, ventilation et équipements des écoles ne sont pas évalués.

Variabilité entre années, juin et septembre, 2008–2017

La moyenne décennale masque une forte variabilité d'une année à l'autre. Cette série de dix ans ne sert pas à estimer une tendance climatique.

Données

Références

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